L'ambassadeur représentant permanent du Maroc auprès de l'ONU, M. El Mostafa Sahel, a appelé, lundi à New York, la communauté internationale à envoyer un "signal politique fort de soutien" au processus de négociations en cours sur le Sahara, en mettant à profit la dynamique enclenchée par l'initiative marocaine d'autonomie."Le Royaume du Maroc fait appel aux Etats membres des Nations Unies afin de lancer un signal politique fort de soutien aux négociations pour les protéger et préserver leurs chances de réussite, en inscrivant l'action de la quatrième Commission dans le sillage des efforts entrepris, avec succès, par le Conseil de sécurité", a déclaré M. Sahel devant cette commission de l'Assemblée générale de l'ONU.
Le dossier du Sahara se trouve aujourd'hui, a-t-il ajouté, dans un contexte "tout aussi nouveau que prometteur", dont les contours sont tracés par la résolution 1754, adoptée à l'unanimité le 30 avril dernier, et par laquelle le Conseil de sécurité a "installé un nouveau processus politique de négociation, tranchant, ainsi, avec les initiatives précédentes et mettant fin, par conséquent, à une impasse qui dure depuis 2003".
A n'en pas douter, l'examen de la question du Sahara par la 4ème Commission ne saurait se faire, cette année, sans prendre en considération ce contexte nouveau, a insisté le diplomate.
"A ce stade, il est impératif que le processus engagé soit préservé, maintenu et consolidé. Cela ne peut être obtenu que grâce à l'appui de la Communauté internationale", a relevé M. Sahel.
Après avoir rappelé les signaux politiques forts émis par l'Assemblée générale et le Conseil de sécurité l'an dernier, encourageant le Royaume à finaliser et à présenter sa "Proposition pour la négociation d'un statut d'autonomie pour la région du Sahara", il a indiqué que cette initiative s'est révélée à la hauteur des attentes de la communauté internationale, en créant une dynamique nouvelle.
Il a, à ce propos, de nouveau appelé la 4ème Commission à mettre à profit cette dynamique "avec responsabilité, sérénité et sérieux, pour aboutir à une solution politique et mutuellement acceptable à ce différend régional, qui n'a que trop duré".
M. Sahel a, par ailleurs, rappelé la longue lutte du Maroc pour le recouvrement de son intégrité territoriale, soulignant que ce processus aurait été complètement achevé "si ce n'est des ingérences extérieures, motivées par des ambitions hégémoniques, qui ont hypothéqué la construction du Maghreb".
En dépit de cette longue quête, qui a privilégié l'outil de la négociation avec les ex-puissances coloniales, le Royaume, a-t-il indiqué, a sollicité la médiation de l'ONU et n'a cessé, depuis, de faire montre de sa coopération avec celle-ci, pour aboutir à un règlement définitif du différend sur le Sahara, que d'aucuns en admettent aujourd'hui le caractère anachronique et artificiel.
M. Sahel, qui a rappelé l'échec des solutions préconisées auparavant par l'ONU pour résoudre ce différend, soit parce qu'elles sont inapplicables par les Nations Unies elles-mêmes, comme cela fut le cas pour le Plan de règlement, soit n'ayant pas recueilli le consentement des parties, condition sine qua non pour leur mise en oeuvre, a indiqué que le Maroc a décidé, face à cette impasse, de répondre favorablement aussi bien à l'appel du Conseil qu'aux attentes de la Communauté internationale en soumettant sa Proposition pour la négociation d'un statut d'autonomie pour la région du Sahara.
Cette proposition se veut, a-t-il rappelé, une solution de compromis, innovante et responsable, au bénéfice de tous les habitants de la région, relevant que les efforts qui ont présidé à son élaboration ont été salués par le Conseil de sécurité comme étant "sérieux et crédibles".
Cette attention particulière du Conseil de sécurité se trouve consacrée dans la résolution 1754 qui appelle les parties à s'engager de bonne foi dans des négociations, a-t-il dit, estimant que le Conseil, en initiant un nouveau processus politique de règlement, a "marqué une rupture avec les plans et propositions antérieures, consacrant, ainsi, une dynamique nouvelle, porteuse de grands espoirs pour les pays de la région".
Le Maroc se félicite également, a-t-il poursuivi, que le processus appuyé par la résolution 1754, ait trouvé la voie de la mise en oeuvre, à travers la tenue des rounds de négociation de juin et d'août 2007, sous les auspices du Secrétaire général des Nations Unies.
De même, a précisé le diplomate, le Maroc note avec satisfaction que les négociations consécutives à la résolution 1754, ont réparé une injustice qui a été faite à la majorité de la population du Sahara. Celle-ci qui se voit, désormais, restituer le droit légitime de participer, à travers ses représentants, à des négociations portant sur le devenir de sa région.
Cette évolution, du reste majeure, procède, selon M. Sahel, d'un souci de justice et d'équité, visant à consacrer une approche démocratique salutaire, permettant d'associer l'ensemble des représentants de la population du Sahara, au processus en cours.
Dans ce cadre, l'examen de la question du Sahara par la 4ème Commission, devrait se faire, a souligné l'ambassadeur, dans un esprit de "consensus et de responsabilité, et ne point céder à la polémique stérile, à l'escalade et aux surenchères inutiles qui, malheureusement, ne font qu'altérer l'objectivité du débat".
Il a ainsi mis l'accent sur la nécessité de tenir compte des derniers développements intervenus, notamment au Conseil de sécurité, lesquels devraient, a-t-il dit, tracer la voie pour un retour au consensus au sein de cette Commission.
"Seule une résolution faisant siens les récents développements est de nature à préserver la dynamique engagée et à encourager les parties à poursuivre les négociations entamées, à la satisfaction de tous", a insisté M.Sahel, mettant en garde que toute "tentative visant à dénaturer la résolution 1754 recèlerait le risque de compromettre la dynamique de négociation".
Ainsi, toute tentative de ressusciter les initiatives dépassées, procéderait du même objectif et contrarieraient les efforts menés par la Communauté internationale, pour trouver une solution à ce différend qui n'a que trop duré, a-t-il affirmé.
"Mon pays considère que nous nous trouvons à un tournant important dans l'histoire du traitement de la question du Sahara par les Nations Unies. Ce tournant, prometteur et plein d'espoir, a été installé grâce à l'initiative responsable du Maroc, et ne saurait être sacrifié sur l'autel d'une énième surenchère, de nature à retarder le règlement de ce différend régional, et prolonger les souffrances des populations des camps de Tindouf, qui en sont les victimes", a prévenu le diplomate.
En s'engageant dans ce processus historique, de négociation, le Maroc entend, a-t-il dit, à travers l'initiative qui a permis de mettre en marche cette nouvelle dynamique, redonner espoir à ces populations, en démontrant qu'une solution est possible, qu'elle existe, qu'elle est audacieuse et équitable.
"Le Maghreb réconcilié, que nous appelons de nos voeux, est, aujourd'hui, à la portée de nos mains", a-t-il noté, soulignant que le Maroc espère trouver auprès des autres parties, la même volonté politique d'avancer dans cette direction et de s'atteler à la construction maghrébine, pour en faire un espace de démocratie et de prospérité partagées.
Il a, d'autre part, appelé à l'adoption d'une résolution en phase avec l'évolution récente du différend sur le Sahara, notamment au sein du Conseil de sécurité, une résolution qui évite de compromettre la dynamique actuelle ou d'altérer les termes de référence des négociations en cours, qui soit conforme à la lettre et à l'esprit et de la résolution 1754, qui évite de légitimer des prises de positions rigides, de consacrer un référentiel dépassé ou de recourir à une simple juxtaposition, contre-productive, de propositions antérieures, dont la caducité est clairement établie et qui renforce la cohérence dans le traitement de la question par les différents organes des Nations Unies.
M. Sahel a enfin souligné la disposition du Maroc à oeuvrer pour l'adoption d'un texte de consensus, en totale phase avec la résolution 1754 du Conseil de sécurité et en soutien à la dynamique de négociations, enclenchée à Manhasset et devant se poursuivre dans les mois à venir.
Une délégation marocaine participe aux débats de la Quatrième Commission de l'Assemblée générale de l'ONU sur la question du Sahara.
Elle comprend, notamment, des représentants du Conseil Royal Consultatif pour les Affaires Sahariennes (CORCAS), dont Mme Gajmoula Ebbi, membre de la Chambre des représentants, M. Khaddad El Moussaoui, vice-président du CORCAS, Mme Keltoum Al Khyat, présidente de l'Association des femmes sahraouies, ainsi que de M. Mustapha Bouh Barazani, ex-membre du bureau politique du polisario.
Sources : le site politique du Sahara occidental : www.corcas.com
Voir aussi : Le portail du Sahara occidental : www.sahara-online.net
Le site de la culture hassani : www.sahara-culture.com
Le site des villes du Sahara occidental : www.sahara-villes.com
Le site du développement économique du Sahara occidental :
Le site social du Sahara occidental : www.sahara-social.com
